Les collaborations Virgo, LIGO et KAGRA signent un accord pour démarrer des observations communes

International Astroparticules et cosmologie

Les principaux détecteurs d’ondes gravitationnelles au monde – les deux instruments LIGO aux Etats-Unis, Virgo* en Italie et maintenant KAGRA au Japon – ont signé aujourd’hui, vendredi 4 octobre 2019, un protocole d’accord (en anglais « Memorandum of Agreement » ou MoA) qui encadre leur collaboration scientifique. L’accord couvre les recherches communes d’ondes gravitationnelles ainsi que le partage des données scientifiques pour les prochaines années ; il prévoit également l’élargissement de la collaboration dans le futur, grâce à l’arrivée de nouveaux partenaires.

« Avec le renfort de KAGRA, l’étude des ondes gravitationnelles devient vraiment une entreprise collaborative globale. La Collaboration Virgo attend avec impatience de tirer des enseignements de l’approche novatrice de KAGRA dont l’interféromètre est souterrain et cryogénique », a déclaré Jo Van den Brand, le porte-parole de la Collaboration Virgo.

KAGRA est un détecteur d’ondes gravitationnelles construit à Kamioka au Japon sous la direction de l’Institute for Cosmic Ray Research (ICRR, en français « l’Institut pour la Recherche sur les Rayons Cosmiques ») de l’Université de Tokyo. Le chantier a démarré en 2010 et le nouvel instrument ultra-sensible est aujourd’hui presque prêt.

KAGRA devrait rejoindre au mois de décembre prochain la prise de données « O3 » qui a démarré le 1er avril dernier et à laquelle participent déjà Virgo et les deux détecteurs LIGO.

L’ajout d’un quatrième instrument au réseau global existant de détecteurs interférométriques d’ondes gravitationnelles permettra d’améliorer la localisation des sources dans le ciel, ce qui aidera les observations astronomiques de suivi et permettra de mieux comprendre les caractéristiques des signaux détectés.

La différence principale de KAGRA par rapport à Virgo et LIGO est le fait que ses miroirs fonctionnent à une température cryogénique, afin de diminuer le bruit thermique – l’un des facteurs limitant la sensibilité des interféromètres. Ce nouveau détecteur est également installé sous terre, dans la mine de Kamioka, où il est protégé des vibrations sismiques et du vent.

L’utilisation de technologies cryogéniques et la capacité à faire fonctionner un tel instrument enterré sont des avancées significatives dans le domaine des ondes gravitationnelles car les détecteurs de la prochaine génération – dont le projet Einstein Telescope en Europe – auront besoin de ces techniques.

* Virgo rassemble la Collaboration scientifique Virgo et le consortium EGO – l’European Gravitational Observatory.

Contact

Berrie Giebels
DAS Astroparticules et cosmologie
Nicolas Arnaud
Chargé de mission médiation et éducation