Une salle de contrôle de l’Observatoire Pierre Auger installée au LPSC

Résultats scientifiques
Astroparticules et cosmologie

La première salle de contrôle à distance française des télescopes de fluorescence de l’Observatoire Pierre Auger situé en Argentine est entrée en service le 21 mars 2017 au Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie (LPSC, CNRS/Université Grenoble Alpes/Grenoble INP). Sa mise en œuvre réduit les coûts liés aux missions jusqu’alors nécessaires pour participer aux périodes de "shifts" à l’Observatoire et, grâce au décalage horaire, le temps de travail nocturne des "shifters" en Argentine est réduit, les collaborateurs IN2P3 prenant la relève dès potron-minet !

L’Observatoire Pierre Auger, qui déploie son réseau de détecteurs sur 3000 km2 dans la pampa argentine, est un projet phare dans l’étude des rayons cosmiques. Plus de 400 scientifiques de 16 pays différents collaborent pour déterminer l’origine et la nature ses particules les plus énergétiques de l’Univers et comprendre comment elles atteignent des énergies aussi extrêmes. La rareté de ces rayons cosmiques extrêmement énergétiques impose qu’on les étudie en caractérisant les grandes gerbes de particules qu’ils génèrent dans l’atmosphère. L’Observatoire utilise conjointement les deux techniques de détection des gerbes atmosphériques qui ont déjà fait leurs preuves, alliant un détecteur de surface constitué de 1 660 cuves à effet Cherenkov échantillonnant les particules de la gerbe arrivant au sol, et d’un détecteur de fluorescence comprenant 27 télescopes mesurant le développement longitudinal de la gerbe.

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Salle de contrôle à distance des télescopes de fluorescence de l’Observatoire Pierre Auger au LPSC ©LPSC
 

Le fonctionnement du détecteur de surface est contrôlé continument, mais ne nécessite pas une surveillance de chaque instant. Le détecteur de fluorescence est en opération les nuits sans lune et claires. Son fonctionnement doit être surveillé constamment, et nécessite donc la présence de "shifters" à l’Observatoire, chaque mois, pendant environ une vingtaine de nuits d’affilée. Depuis 2014 s’est mis en place dans la Collaboration Pierre Auger un système de "Remote shifts" : à partir de salles de contrôle reproduisant celle existant à l’Observatoire, il est possible de contrôler et piloter à distance les détecteurs de fluorescence, et les Lidars qui mesurent la transparence de l’atmosphère au dessus de l’Observatoire.

Après le Mexique, l’Allemagne, et l’Italie, c’est au LPSC que vient d’être installée, pour la première fois en France, une telle salle. L’avantage majeur de la mise en œuvre de "shifts" à distance est de réduire les coûts liés aux missions (voyage et séjour) impactant chaque institut devant s’acquitter de son quota de shifts. De plus, le décalage horaire permet de limiter la part de travail nocturne des "shifteurs" sur le site de l’Observatoire, les collaborateurs IN2P3 prenant la relève vers 2h du matin heure argentine, soit à l’aube en France !

 

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Corinne Bérat